Edito
de Madame Jérôme Lejeune
Fermer
les yeux
"Parfois, j’aurais envie de fermer
les yeux et me dire que ce n’est pas vrai
: je ne suis pas trisomique.
Parfois, je les ouvre et mon handicap est toujours
là. Et puis, je serre les poings très
forts dans ma solitude" annonce doucement
Nathalie...
Je voudrais qu'en fermant les yeux, Nathalie et
ses amis puissent retrouver un cœur léger.
Qu'ils puissent se réjouir de leur beauté.
Toute vie est beauté à qui sait
regarder. Et quand la vie d'une personne est ballottée,
heurtée, il nous faut serrer les poings,
très forts, tous ensemble pour l'aider.
Chers amis c'est mon souhait pour cette rentrée
2003. Et puisque nous croyons au triomphe
de la beauté, je vous donne rendez-vous
pour la magnifique soirée qui se prépare
avec José Van Dam le 17 octobre prochain
!
Madame
Jérôme Lejeune
Vice-présidente
Extrait
du recueil de poésies "Ma différence"
de Nathalie Nechtschein
Edito de Jean Marie Le Méné
Des artistes italiens de la Renaissance auraient
pris modèle sur des enfants trisomiques
pour représenter des anges dans leurs tableaux.
Voilà ce que j’ai appris cet été.
Cette nouvelle m’enchante et ne m’étonne
guère.
Il y a cinq ans, après la visite d’une
exposition sur l’art au temps des rois maudits,
quelqu’un m’avait demandé si
je ne trouvais pas que les statues d’anges
portaient souvent le visage d’enfants trisomiques.
C’était frappant. Et ils étaient
beaux.
Il ne s’agit pas de faire de l’angélisme,
la trisomie a été et restera une
maladie difficile à supporter tant qu’elle
ne sera pas vaincue par une recherche opiniâtre
.
Mais, en attendant, le regard de la culture en
dit long sur le moral d’un pays. La beauté
peut sauver le monde. En inclinant le visage d’un
enfant handicapé au chevet d’une
nativité ou en faisant rayonner son sourire
au fronton d’une cathédrale, ces
artistes signaient une œuvre aux conséquences
politiques et sociales immenses. Une sorte d’éloge
de la faiblesse. Une reconnaissance de ce que
l’accès à la société
– à la vie tout simplement –
n’est pas l’apanage des puissants
mais d’abord le droit du plus faible. Ah
! ils ont bonne mine nos modernes Diafoirus qui
pontifient en brandissant la mort comme remède
aux handicaps congénitaux !
Avec ce degré zéro de culture et
de science, nous avons fui à des années
lumières de la civilisation humaniste.
Alors, je vous en supplie, aidez-nous à
y revenir par la beauté. Après Ruggero
Raimondi, José Van Dam offre sa voix et
son talent à la recherche scientifique
de la Fondation pour soigner et guérir
les enfants handicapés mentaux. Voilà
qui a tout de même une autre allure ! Venez
goûter la beauté du chant lyrique
au Théâtre des Champs Elysées
le 17 octobre. Ou bien transformez-vous en mécènes
de l’œuvre de la Fondation. Chacun
à notre manière redevenons…
des artistes pour sauver le monde !
Jean
Marie Le Méné
Président
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