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Information éthique sur le Téléthon 2006
2006 marque la 20ème édition
du Téléthon. Pour la première fois cette année, le Téléthon bénéficiera de
30 heures de télévision en direct. Pourtant de plus en plus de
personnes refusent d'être impliquées dans une vaste opération qui
les invite à transgresser les règles éthiques fondamentales.
Sans mettre en doute la bonne volonté de nombreux participants et le
succès de certaines réalisations du Téléthon, nous répondons avec
transparence à ceux qui nous interrogent. Quand le Téléthon
se réjouit d'avoir mené depuis 20 ans, "la bataille de la
citoyenneté des personnes en situation de handicap longtemps exclues
de notre société", interrogeons-nous : qu'en est-il ?
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Certaines recherches sont contraires au respect de la vie
humaine |
à L'utilisation des embryons pour la recherche : l'Institut I-STEM
- Le Téléthon a permis de financer la création du premier centre
français de test à grande échelle des recherches sur l'embryon
humain : l'Institut I-STEM.
Rappelons que la recherche sur les embryons humains ne signifie pas
qu'on envisage de guérir des embryons malades. Mais cela signifie
qu'on prélève des cellules de l'embryon (que l'on détruit) pour les
utiliser comme matériau de recherche. I-Stem est dirigé par le Pr.
Marc Peschanski.
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La loi de
bioéthique de 2004 autorise les recherches sur les embryons « surnuméraires,
dépourvus de projet parental ». Mais en attendant les décrets
d'application de la loi certains chercheurs financés par le Téléthon
s'impatientaient. Ils ont donc obtenu, en
février
2005,
des ministres de la Santé et de la Recherche, des
autorisations spéciales d'importer des cellules embryonnaires
pour pouvoir commencer sans attendre les recherches au sein d'I-STEM.
Une autre autorisation a été signée en septembre 2005.
- En
juin 2006, les premières
autorisations effectives de recherche sur l'embryon humain sont
signées en France. Ainsi
la
1ere équipe
qui tentera en France de créer
des lignées de cellules à partir d'embryons humains
est codirigée par M. Peschanski et
S. Viville.
à La sélection des embryons sur critères génétiques : le
Diagnostic pré-implantatoire (DPI)
En 2006, le
Téléthon se félicite d'une de ses grandes "victoires" depuis 20 ans
: "Grâce au conseil génétique et aux possibilités de diagnostic
anténatal, des familles frappées par la maladie peuvent s'agrandir."
Qu'en est-il ?
Des équipes
de scientifiques financées par le Téléthon utilisent la méthode de
sélection des embryons d'après leurs caractéristiques génétiques
dénommée diagnostic pré-implantatoire. Quand un couple est
porteur d'une maladie génétique, on lui propose de faire une
fécondation in vitro, puis de rechercher sur les embryons
obtenus ceux qui sont porteurs de la maladie et ceux qui ne le sont
pas. Seul l’embryon qui n'est pas porteur de la maladie est
réimplanté, les autres sont détruits. Ainsi est né le petit
Valentin (en bonne santé évidemment) et sont morts ses frères et
sœurs au stade embryonnaire. Cette annonce a été le moteur
médiatique de la campagne du Téléthon 2000.
On a pu lire en effet que
« l’AFM a partiellement à son actif de grands succès thérapeutiques»,
notamment «la
naissance en France du premier enfant en bonne santé à la suite d’un
diagnostic préimplantatoire (DPI)».
Or les enfants rescapés de ce tri embryonnaire ne sont pas guéris
car ils n’ont jamais été soignés car ils n'ont jamais été malades.
C’est donc une triple contre-vérité. L’opinion publique est
persuadée à tort que si Valentin est en bonne santé, c’est grâce au
Téléthon.
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C'est le lobbying de l'AFM auprès
de l'Etat qui a obtenu le décret d'application du diagnostic
pré-implantatoire. Eric Molinié, ancien président de
l’AFM, s’en explique : «Par
exemple, en 1997, nous avons adopté une résolution sur le
diagnostic pré-implantatoire (DPI) pour demander au gouvernement
de voter les décrets d’application de la loi sur la bioéthique
le concernant.»
En 2000, après la naissance du 1er bébé obtenu après DPI,
l'association se réjouit : « ce
résultat (...) récompense le militantisme de l'AFM sur ce sujet. » |
à La recherche qui utilise des fœtus avortés
Des travaux
sur les maladies de Parkinson et de Huntington entraînent des
greffes de cellules neurales extraites de fœtus avortés. Il faut en
général utiliser de 3 à 10 fœtus pour un patientet il s'agit de fœtus
dont les cellules neurales ne sont pas encore mortes pour que la
greffe réussisse. Un essai pour la maladie de Huntington fut réalisé
sur 5 patients en 2000, un autre portant sur 100 patients a démarré
en 2002.
Dès 2002 l’équipe annonce qu'elle manque de cellules fœtales, « cherche
de nouvelles sources de cellules pour les greffes et espère
notamment pouvoir expérimenter sur les cellules souches
embryonnaires humaines».
Cette recherche fait partie des quelques programmes très médiatisés
par l'association.
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L'AFM soutient le lobbying pour obtenir le clonage humain |
à
En décembre 2005 le Pr Peschanski a déclaré : «La situation
actuelle est désespérante et il faudrait presque envisager une
opération commando pour obtenir les moyens de travailler
correctement sur les cellules souches embryonnaires.» (Le Point
01/12/05)
à
En 2005
une proposition de loi
demandant d’autoriser le clonage pour la recherche a été déposée au
Sénat et une autre à l'Assemblée. Celle-ci est soutenue par quatre
scientifiques dont le Pr. Peschanski qui déclare : « maintenant
il faut changer la loi très vite parce qu’autrement, nous aurons
cinq ans de retard. On a vraiment besoin de cette technique
puisqu’elle est jouable. »
à En
novembre 2005,
l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et
technologiques
a organisé des auditions publiques en vue de rédiger un rapport sur
les cellules souches et le clonage.
L’introduction a été confiée à Ketty Schwartz, présidente du conseil
scientifique de l’AFM, vice-présidente du conseil d’administration
de l’Inserm, ancien membre du Comité consultatif national d'éthique.
Elle a donné le ton :
il faut
autoriser le clonage
puisque le
Pr Hwang a annoncé en Corée qu'il y était parvenu. (Depuis les
résultats coréens ont été reconnus frauduleux.) Lors de ces
auditions, les chercheurs reconnaissent qu'on ne trouvera pas de
thérapie grâce au clonage, mais le Pr Peschanski explique que
le
clonage est indispensable pour les industries cosmétiques
: "De la même façon, pour la cosmétique, il est relativement
difficile d'examiner au long cours l'effet de pommades pour la peau
et en particulier dans les systèmes bien organisés. (...) Au travers
d'une
transposition nucléaire
(clonage - Ndlr)) à partir de quelqu'un présentant ces
caractéristiques (...) un modèle aurait pu être testé par les
industriels de la cosmétique. Il s'agit évidemment de
marchés
considérables.
(...) Le fait de posséder des modèles qui soient de véritables
modèles humains sur lesquels tester ces médicaments ou ces produits
cosmétiques est d'une importance considérable."
Enfin, le dernier argument en faveur du clonage est de
cloner des
embryons malades pour mieux les étudier.
C'est donc la première fois dans l'histoire française que des
médecins projettent de créer volontairement des hommes, malades, sur
mesure.
Ces auditions avaient pour but :
- d'obtenir les décrets d'application d'autorisation de recherche
sur les embryons humains de toute urgence,
- de faire disparaître de la loi de bioéthique 2004 les quelques
restrictions prévues : ne plus limiter les recherches à 5 ans ni
aux seuls essais thérapeutiques, et ne plus subordonner l'accord
pour ces essais à l'absence d'alternatives éthiques,
- d'obtenir au plus vite l'autorisation de faire de la recherche sur
les embryons rejetés à la suite d'un DPI,
- d'obtenir l'autorisation de clonage dans la loi française.
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Les personnes handicapées sont ébranlées en découvrant l'envers
du décor |
à Les «bébéthons» (survivants de
l’avortement)
ont servi à l’appel à la générosité du public.
Déjà le Pr. Jacques Testart avait mis
en garde : « La mise en
scène triomphaliste de victoires toujours promises sur le malheur
est un argument qui ne correspond pas à la rigueur scientifique. Le
Téléthon a d’abord présenté des enfants myopathes, appelant à la
solidarité des téléspectateurs. Après quelques années, on a pu voir
apparaître à l'écran des enfants heureux d’être normaux dont
l’existence était annoncée comme consécutive à la générosité du
public : ces « bébéthons » étaient en réalité les survivants du
diagnostic prénatal, lequel les avait démontrés normaux in utero
malgré leur conception par des «couples à risques.»
à Les personnes handicapées
réagissent
face à ce qu’elles perçoivent comme une violence à leur encontre.
«Si on me
dit que l’association française contre les myopathies va se
consacrer au dépistage anténatal dans un but de favoriser
l’élimination prénatale, j’arrête tout de suite de donner et de me
mobiliser». «J’émets une grande réserve quant aux «bébéthons» car on
croit que c’est grâce à la recherche qu’ils ont guéri alors qu’ils
sont le fruit d’une sélection ; et l’avortement thérapeutique en a
fait disparaître bien d’autres. D’où la question : « Et si mes
parents m’avaient avorté ? » Je suspecte la recherche scientifique
d’être utilisée, non pas pour la recherche thérapeutique, mais pour
une suppression des malades». «En regardant une émission sur le
Téléthon, j’ai compris. Il y avait toujours une kyrielle de beaux
bébés qu’ils appelaient les «bébés miracles du Téléthon». (…) Dans
le bouquin, (sur l’aventure du Généthon) on pouvait lire que grâce
au progrès, on pouvait empêcher les enfants de souffrir en ne les
faisant pas naître… J’étais révoltée d’avoir envoyé de l’argent pour
ça».
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« L'AFM a toujours eu comme politique de se conformer à la loi,
et rien qu'à la loi. »
L’influence de l'association française contre les myopathies
(AFM), organisatrice du Téléthon, est importante dans la
politique de recherche de l'Etat. Mais ce pouvoir n'a pas de
contrepoids éthique suffisant. En effet les seules prétentions
éthiques de l'AFM sont de se conformer à la loi, même quand
celle-ci ne respecte pas la vie humaine avant la naissance. Il
suffit alors à l'AFM d'orienter la loi selon ses objectifs, ce
qu'elle fait.
Interrogée en décembre 2005 sur les critiques de la Fondation
Jérôme Lejeune
à l'encontre du Téléthon,
Laurence Tiennot-Herment, présidente de l'AFM, répond
: "Je comprends très bien qu'on puisse contester nos travaux
pour des raisons philosophiques ou religieuses. Mais que ce soit
à propos du diagnostic pré-implantatoire ou des cellules souches
embryonnaires, les équipes scientifiques financées par le
Téléthon respectent la loi (...)".
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