|
Dans
une émission de télévision récente, un journaliste lança que
l’analyse des cellules fœtales circulant dans le sang maternel de la
femme enceinte permettrait bientôt d’éradiquer la trisomie 21 à 100
% ! Le message, déjà peu délicat pour les familles concernées,
contient aussi trois erreurs : il confond l’éradication de la
maladie et l’éradication des malades, ce qui est la fin de la
médecine ; il décourage la recherche de vouloir comprendre pour
guérir, ce qui est la fin de la science ; il préjuge que 100 % des
parents choisiront l’avortement de leur enfant handicapé, ce qui est
la fin de la solidarité. La sanction populaire ne s’est pas faite
attendre.
L’expérience
de la Fondation Jérôme Lejeune prouve que mettre le respect de
chaque vie au cœur de toute démarche de soin et de recherche est le
seul choix, non seulement moral, mais, surtout, efficace. En effet,
comment prétendre soigner et guérir des patients qui, aux yeux du
monde, n’auraient pas dû naître et qui ne seraient pas d’abord
aimés ?
En
France, environ 800 000 personnes (1 à 2 % de la population) sont
atteintes d’une déficience intellectuelle. Chez 40 % de ces
patients, aucune cause n’a été trouvée. La Fondation Jérôme Lejeune
met tout en œuvre pour relancer au profit des patients la recherche
sur la déficience intellectuelle d'origine génétique. La finalité de
cette recherche est de parvenir à mettre au point une prévention
et/ou un traitement améliorant, puis normalisant, les fonctions
intellectuelles des malades.
Parce
que chaque jour, dans notre consultation à l'Institut Jérôme
Lejeune, nous sommes confrontés à la détresse des patients et de
leur famille, nous savons que nous n'avons pas le droit de les faire
attendre. Nous nous posons la question de savoir jusqu'où la
recherche peut aller... Il s'avère très vite qu'il y a un principe
intangible qui est celui du respect de la vie commençante et
finissante... La médecine avait depuis longtemps choisi et lutté
depuis toujours contre la maladie et contre la mort, pour la santé
et pour la vie. Si la médecine d'aujourd'hui perd cela, il n'y a
plus de médecine... "La qualité d'une civilisation se mesure au
respect qu'elle porte aux plus faibles de ses membres. Il n'y a pas
d'autres critères de jugement" disait le Pr Lejeune.
La
Fondation Jérôme Lejeune, parce qu'elle refuse que l'on exclue les
personnes souffrant d'un retard mental des bénéfices d'une recherche
à visée thérapeutique, mobilise dans le monde entier des chercheurs
et des fonds pour constituer une force de frappe contre la maladie.
Plutôt que de mettre 100 millions d'euros chaque année dans le
dépistage anténatal des enfants trisomiques 21 (et pas 1 euro dans
la recherche médicale à leur profit), notre pays devrait faire le
choix de tout mettre en oeuvre pour les guérir. C'est un combat
scientifique mené pour traquer la maladie, pas le malade, et qui
peut être gagné.
Nous
revendiquons, pour les patients que nous prenons en charge dans
notre consultation, le droit de parler de guérisons. Au pluriel
aujourd’hui, dans la mesure où l’on peut déjà faire beaucoup de
choses pour eux. Au singulier demain, quand le retard mental
lui-même sera mis en échec.
« La tâche est immense mais l’Espérance aussi ».
Jean-Marie Le Méné
Président de la Fondation Jérôme
Lejeune |