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Monsieur
le Président de la République, le Parlement se prépare à légiférer
en deuxième lecture à l’Assemblée nationale sur le projet de loi de
bioéthique initialement déposé par Mme Guigou, ministre de l’Emploi
et de la Solidarité du gouvernement de M. Jospin.
Nous
(*) souhaitons appeler votre attention personnelle sur l’approche
éthique et scientifique très délicate qui sous-tend la révision en
cours de ce texte, notamment à propos de la recherche sur les
cellules souches embryonnaires comme sur la question du clonage.
Lors
des rencontres internationales qui se multiplient sur ce sujet, au
niveau de l’ONU en particulier, la position de la France est
toujours très observée et attendue. Les signataires de la présente
lettre soulignent les point suivants :
L’opposition
au clonage embryonnaire, que vous avez souhaitée en 2002, sera un
garde-fou indispensable. Il serait donc logique que le clonage
thérapeutique soit autant sanctionné dans le Code pénal (ce qui
n’est pas le cas) que le clonage reproductif. En effet, le clonage
thérapeutique n’est qu’un clonage reproductif interrompu. Pourquoi
la France ne rejoint-elle pas la position de la majorité des pays
dans le monde qui veulent interdire la technique du clonage
embryonnaire en tant que telle et pas seulement le clonage
reproductif ? Il n’y a aucune raison scientifique d’autoriser une
recherche qui détruit l’embryon ni de permettre la conception
d’embryons à des fins dites thérapeutiques (il s’agirait en fait de
l’extension du diagnostic pré-implantatoire, revenant à créer des
« bébés médicaments »).
En
revanche, il est urgent de concentrer les moyens dans le champ de la
recherche sur les cellules souches adultes. L’autorisation
d’expérimenter serait étendue aux nouveaux embryons surnuméraires et
non plus seulement aux seuls embryons actuellement conservés. Ce
point nous paraît en total contradiction avec l’interdiction de la
production d’embryons à des fins de recherche. Nous demandons à
réduire de façon volontariste la production d’embryons surnuméraires
comme d’autres pays le fond déjà. La révision des lois de bioéthique
sera-t-elle l’occasion d’un débat dont les enjeux éthiques seront
clairement et explicitement posés ? Réduira-t-on ce débat à une
querelle d’experts pour éviter les questions et justifier une
position internationale de la France dictée par les intérêts
scientistes et financiers ?
Il
serait regrettable qu’un tel débat qui engage la société dans son
ensemble soit escamoté. Nous avons pensé que votre position
personnelle devait vous permettre d’apporter un avis éclairé et
déterminant sur ce sujet.
* Guy Coq - essayiste,
professeur agrégé de philosophie ; Claude Huriet - professeur
de médecine, président de l'Institut Curie, ancien sénateur ;
Lucien Israël - professeur, cancérologue, membre de l'institut ;
Jean-Didier Lecaillon - professeur agrégé d'économie ;
Jean-Marie Le Méné - président de la Fondation Jérôme Lejeune ;
Elisabeth Montfort - député français au parlement européen ;
Marie-Odile Rethoré - professeur, généticienne, membre de
l'Académie nationale de Médecine ; Michel Rouche - historien,
professeur émérite à l'université Paris IV, directeur de l'Institut
de la famille ; Emmanuel Sapin - professeur de médecine,
chirurgie foetale ; Paul de Viguerie - président de la
confédération nationale des AFC ; Isabelle Deschard -
présidente de l'alliance des chrétiens en politique ; Elisabeth
Bourgois - écrivain, infirmière, présidente de "médecine et
dignité de l'homme". |