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Un an après le scandale du Bac 2005, la Fondation Jérôme Lejeune publie
le Manuel BIOéthique des Jeunes
Entretien avec Aude Dugast,
directrice de la communication de la Fondation Jérôme Lejeune, diffusé
sur
www.libertepolitique.com
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L'épreuve du baccalauréat 2005 en Sciences de la vie de la terre (SVT)
avait été le triste révélateur des failles du programme dans
l'enseignement de la biologie, spécialement à propos de la procréation.
La Fondation Jérôme Lejeune a étudié les manuels scolaires pour évaluer
l'état des connaissances délivrées aux élèves. Son travail a donné lieu
à la publication du Manuel BIOéthique des Jeunes, qu'on peut
se procurer gratuitement sur notre
site.
Liberté Politique : Vous abordez avec le Manuel BIOéthique des
Jeunes des questions essentielles. Quelle approche avez-vous choisie
?
Aude Dugast. — L'objectif premier est d'informer les jeunes des
enjeux éthiques de nombreuses pratiques banalisées auxquelles ils sont
et seront confrontés dans leur vie. Ce manuel a pour second objectif de
"mettre à l'endroit" l'enseignement dispensé dans les livres de SVT. Il
adopte un ton résolument scientifique en développant à la fin de chaque
chapitre une approche éthique. Présenté par thème (l'embryon,
l'avortement, la fécondation in vitro, le diagnostic prénatal et
préimplantatoire, le clonage, l'euthanasie), cet ouvrage n'est pas
consensuel mais factuel. Il rappelle la réalité des faits biologiques et
leurs implications éthiques.
Que pensez-vous de l'enseignement dispensé dans les livres scolaires
?
Globalement peu d'erreurs sont à dénoncer : heureusement ! Mais une
seule peut suffire pour orienter toute la réflexion éthique. Il fallait
la ou les repérer. Nous en avons trouvé deux majeures.
La première est une erreur d'approche : l'esprit avec lequel le sujet de
la procréation est traité. Le chapitre correspondant à l'étude de la
procréation s'intitule : "Maîtrise de la procréation." Cette
approche est réductrice. Elle invite à la connaissance technique de
toutes les méthodes contraceptives et abortives mais n'aborde pas la
réflexion éthique pourtant intrinsèque à l'origine de la vie. Avec cette
façon d'enseigner la procréation, on déshumanise les moments les plus
intimes de la vie.
La seconde est une erreur scientifique. Vers le septième jour après la
fécondation, le blastocyte s'implante dans l'endomètre utérin. C'est la
nidation. Les élèves apprennent que c'est le moment où "la grossesse
commence véritablement". Si la grossesse commence à la nidation, à
sept jours, il est facile ensuite de sous entendre qu'avant cette date :
1/ on ne parle pas d'avortement mais de contraception, 2/ l'embryon
in vitro n'est pas véritablement un être humain et 3/ la recherche
sur l'embryon ne détruit pas un petit homme.
À qui s'adresse le Manuel BIOéthique des Jeunes ?
Conçu spécialement pour les 15-25 ans, il a séduit ceux qui l'ont lu.
Ils ont apprécié le ton "ni trop ni pas assez technique", l'organisation
simple des chapitres (faits, législation, approche éthique) et la
présentation pédagogique. De façon plus large, il s'adresse à toutes les
personnes désirant promouvoir les valeurs de la vie et pouvant servir de
relais de transmission.
Vous lancez aussi en région parisienne les “Dîners BIOéthiques” :
quel est le concept ?
Après avoir lu le Manuel BIOéthique des Jeunes, beaucoup
souhaitent aller plus loin. Ils ont le sentiment de se faire "ballader"
par les media et d'arriver bientôt à l'âge des choix et des
responsabilités, sans avoir la formation suffisante pour discerner
librement. Nous leur proposons avec le Réseau Lejeune's la formule des
Dîners BIOéthiques. Il leur suffit d'organiser un dîner de 10 à 15
personnes à la date de leur choix et un intervenant de la Fondation
Jérôme Lejeune se met à leur disposition. Chacun peut poser ses
questions d'ordre technique ou éthique et cela permet des discussions
très libres.
Quel est l'enjeu pour les nouvelles générations ?
Il est urgent d'améliorer nos connaissances pour affiner notre
conscience et percevoir notre mission. On entend sans arrêt que les
pratiques décrites dans le manuel doivent toutes être permises dans la
loi dès lors qu'elles sont possibles techniquement. Résistons à ces
idées courtes, en apparence libérales, mais en réalité totalitaires car
elles conduisent à l'arbitraire des plus forts. On entend aussi parler
de choix. Mais de quel choix s'agit-il ? Que signifie le pouvoir de vie
et de mort sur quelqu'un parce que la loi le permet ? Ce qui est légal
n'est pas nécessairement juste. Et les lois injustes ne sont pas des
lois.
Quel avenir nous promet une société où le modèle féminin prétend
construire son identité en tuant son enfant ? Enfin comment ne pas être
complice d'une organisation où le meurtre programmé apparaît comme un
sommet de compassion ?
Parce que la vie est belle il est urgent de retrouver un regard
d'émerveillement et de lever les obstacles qui nous bouchent la vue.
Nous souhaitons que le Manuel BIOéthique des Jeunes y contribue.
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