Novus Sanguis :
donner du sang neuf à la recherche !

La Fondation Jérôme Lejeune a lancé en août le projet Novus Sanguis pour créer une plate-forme internationale de recherche sur le sang de cordon. Parmi les organisateurs de ce projet, le Pr McGuckin, chercheur et directeur au Centre de recherche sur le sang de cordon ombilical et de médecine régénérative de l’université de Newcastle (Grande-Bretagne), est le premier à avoir démontré, en 2005, l’existence de cellules pluripotentes dans le sang de cordon.
En juin 2007, l’équipe du Pr McGuckin publie un article montrant qu’elle a réussi à créer des tissus humains produisant de l’insuline1. En octobre 2006, cette même équipe a publié d’autres résultats étonnants : la création pour la première fois d’un mini foie en 3 dimensions à partir de cellules du sang de cordon avec l’aide de la NASA2. Le Dr Nicolas Forraz, chercheur français dans l’équipe du Pr McGuckin, nous explique les formidables perspectives thérapeutiques du sang de cordon.


Interview du Dr Nicolas Forraz :

Vous travaillez avec le Pr McGuckin sur les cellules souches du sang de cordon. Quel est l’intérêt de ces cellules ?
Dr Nicolas Forraz : Les cellules du sang de cordon ombilical sont capables de créer de nombreux tissus différents (tissu nerveux, tissu de pancréas, foie, vaisseaux sanguins) et donc ouvrent des perspectives nouvelles afin de régénérer certains organismes défaillants. Près de 85 maladies sont maintenant traitables grâce à ces cellules : maladies liées au système sanguin (leucémies) ou immunitaire (bébé bulle), pathologies touchant la moelle osseuse, le système nerveux ou le métabolisme (diabète juvénile). Les cellules souches du sang de cordon offrent donc un espoir en matière de médecine régénérative.

C’est le but du consortium Novus Sanguis, dont vous êtes l’un des initiateurs avec le Pr McGuckin ?
Dr N. Forraz : Nous voulons donner un nouvel élan à l’innovation et développer cette technologie en Europe et dans le Monde. Novus Sanguis réunira une dizaine des meilleurs laboratoires du monde : France, Grande-Bretagne, Italie, Belgique, Hollande, Pologne, Autriche, Slovénie, Corée, Etats-Unis. Médecins, scientifiques, ingénieurs, travailleront ensemble pour développer la recherche sur ces cellules souches vers des applications biotechnologiques et cliniques pour guérir les patients.

Les cellules souches du sang de cordon sont-elles faciles à prélever ?
Dr N. Forraz: Totalement indolore, le prélèvement s'effectue immédiatement après la naissance du nouveau-né, une fois que le cordon est coupé. Il ne porte préjudice ni à la mère ni à l'enfant. Le sang de cordon ombilical est une source riche en cellules souches. Le contenu récolté par cordon équivaut à un demi-verre et permet d'obtenir quelques 500 000 cellules souches qu'il y a moyen de multiplier in vitro !

Quelles avancées peut-on espérer pour les années qui viennent ?
Dr N. Forraz : Encore beaucoup de travaux de recherche sont nécessaires pour vérifier l’espoir créé par les cellules souches du sang de cordon. Nous souhaitons que d’autres équipes
travaillent également sur ces cellules. Actuellement, moins de 1 % des échantillons sont récoltés pour la recherche, la cryopréservation ou des traitements cliniques quand plus de 99% des échantillons de sang de cordon sont jetés ou incinérés après la naissance. Actuellement, les banques de sang de cordon sont peu nombreuses en Europe. J’espère que le projet Novus Sanguis donnera du sang neuf à la recherche !